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Les Grecs ont défié l’Europe dimanche en votant massivement en faveur du “non” (OXI) aux propositions des créanciers internationaux d’Athènes lors d’un référendum dont le résultat pose la question du maintien de leur pays dans la zone euro et accentue le fossé avec les “institutions”. Après une semaine marquée par la fermeture des banques et la limitation du montant des retraits d’argent pour éviter un effondrement du système financier grec (leur avenir restant suspendu aux perfusions de la BCE) ce résultat ouvrait la voie à une nouvelle période d’incertitude en Grèce. Mais cela, c’était avant ! Avant ? Oui, car le premier ministre de la péninsule, Aléxis Tsipras, avait effectivement une petite idée derrière la tête pour tirer définitivement un trait sur la dette de son pays.

En effet, à l’appel de la coalition Syriza-Anel et de l’amicale grecque des travailleuses et travailleurs du sexe, le chef du gouvernement Grecque, accompagné de plusieurs centaines de prostituées sont actuellement dans des cars qui ont pris la direction du parlement Européen où il compte proposer un remboursement de la dette en nature aux ministres de l’Eurogroupe.

C’est un total de 12 véhicules de 36 places qui ont été affrétés afin de transporter les nombreuses travailleuses du sexe, en activité ou à la retraite, ainsi que leurs quelques collègues masculins (parité oblige !), afin de participer à l’effort de sauvegarde de leur pays, la Grèce. Elles espèrent ainsi non seulement dénoncer les conditions inacceptables imposées par l’Europe à la nation grecque mais également renflouer la dette en nature en proposant leurs services tarifés aux parlementaires européens. Les souteneurs grecs ont, de leur côté, accepté de ne prendre aucun pourcentage sur les gains obtenus à Bruxelles. Les cars devraient arriver sur place dès aujourd’hui en fin de journée afin que tout le petit monde soit à pied d’œuvre pour demain matin. Les prostituées sont bien décidées à se faire entendre, même la bouche pleine, et leur porte-parole, âgée de 75 ans, qui a été obligée de reprendre du service pour arrondir sa petite retraite mise à mal par les précédentes réformes, entend bien ne pas quitter la Belgique sans avoir vidé les bourses des banquiers qui sont, le dit-elle, responsables de la crise grecque.

Dominique Strauss-Kahn est en route vers Bruxelles pour participer au défilé dans les rues de la ville puis aux festivités qui auront lieu à l’issue. Il en appelle aux ministres de l’Eurogroupe et demande à ce qu’un tarif unique, sur la base de celui de la Fête du Cinéma, soit institué, afin de faciliter les transactions.